I/ Une rétrospection en apparence objective A- L'affirmation de l'identité entre auteur/narrateur/personnage - dès début, pacte autobiographiq (préambule) se confirme : "je suis né a G. en 1712" = l'auteur / narra / perso forment donc qu'un => selon philippe Lejeune, caract de l'autobio.
B- La généalogie - Tjrs selon P. Lejeune, le récit des origines = étape classique des autobiographies. - R. va donc nous livrer une fiche complète d'état civil => docu neutre par excellence - Presentation des parents & origine sociale & généalogie : pere = milieu pauvre + famille nombreuse mere = milieu + aisé + fille de ministre
- présentation du pere = horloger - R présente sa famille plus large : son oncle & sa tante, qui sont les frere & soeur respectifs de ses parents => famille a donc été étroitement unie : "leurs enfants furent doublement mes cousins"
=> on est apparement dans le cadre d'une descript° objective des diff membres de la famille. Cpdt, les marques de subj sont nombreuses.
II/ Une subjectivité qui transparait A- Une histoire d'amour idéalisée - mère décrite de facon megliorative : "elle avait de la sagesse et de la beauté" => qualité physiques & morales - pere => devient un véritable chevalier servant, héros d'un récit merveilleux - surmonte les difficultés auxquelles il est confronté : * femme aimée + riche que lui (situation frequente dans roman du moyen age) => se donne du mal pour l'épouser : "ce n'était pas sans peine que mon pere l'avait obtenue", expression "sans peine" traduit difficultés qu'il a rencontrées. * femme aimée lui fait subir épreuve de l'éloignement : "elle lui conseilla de voyager pour l'oublier" la femme aimé en position du sujet actif : c'est elle qui décide, et il obéit. éloignement physiq aurait du être éloignement sentimental => mais l'amour du pere a résisté a ces 2 types d'éloignement. Ses sentiment sont d'autant + fort et son comportement + héroique
=> on se trouve donc dans un récit merveilleux : le chevalier fait face a épreuves pour obtenir la main de la dame de ses pensées... la réalité est transformée.
+ meme histoire d'amour de l'oncle et de la tante est idéalisée, romancée : ce qui aurait pu paraitre comme un terrible chantage affectif se retrouve atténué sous la plume de l'auteur : la soeur de R ne consent pas a épouser le frere que si les 2 mariages sont célébrés "a condition/ne consentit". R attribue cela aux pouvoir de l'amour : "l'amour arrangea tout"
qu'en était il réellemnt.
B- Des efets de symétrie artificiels (dans le but de créer illusion romanesque) - les 2 parents de R ont dès leur naissance le meme caractere "tous deux nés tendre et sensible" - les familles s'unissent doublement : un frere et une soeur épousent un frere et une soeur d'une autre famille - sous la plume de R les 2 mariages ont lieux dans la meme journée "les 2 mariages se firent le meme jour" (or on sait aujourd'hui que les mariages ont eu lieu a 5 ans d'intervalle) => mensonge pour que l'illusion romanesque soit plus forte - les 2 familles mettent au monde un enfant au cours de la meme année "il en naquit un de part et d'autre d'une année"
conclusion :
=> transformation + ou - volontaire de la réalité, vision idéalisée de l'histoire de ses parents et de celle de son oncle et sa tante, le lecteur est donc amené à s'interroger sur le pacte de sincérité, les grandes autobio sont également des oeuvres d'art avec tout ce que cela comporte de reconstitution et de composition artistique.